MINISTÈRE DES SPORTS : des milliards investis pour 0 résultat

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9 octobre 2025 0 By 223 Infos

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Lorsqu’il a été nommé à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’instruction civique et de la construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba avait suscité une lueur d’espoir chez bon nombre de Maliens. Dans un pays où le sport, et tout particulièrement le football, est une véritable passion populaire, beaucoup attendaient de sa nomination un souffle nouveau, une stratégie rénovée, un engagement à la hauteur des enjeux. Deux ans plus tard, le constat est amer : les promesses ont fané, les résultats se font attendre, et la frustration monte.

La dégradation des performances sportives nationales, notamment en football, saute aux yeux. Le Mali, dont la jeunesse déborde de talents bruts, est aujourd’hui mal positionné dans sa poule qualificative pour la Coupe du Monde 2026. L’espoir d’une première participation historique s’éloigne à mesure que les matchs s’enchaînent sans résultats convaincants. « Avec ce ministre, on est revenus dix ans en arrière. Il n’y a pas de vision, pas de stratégie, rien », confie un ancien cadre du ministère, sous couvert d’anonymat.

L’équipe nationale A peine à s’imposer sur la scène continentale, alors que les clubs maliens ne brillent plus dans les compétitions africaines. Aucun trophée, aucune performance notable. Le contraste est frappant avec la brève étincelle du basketball, où les U16 (filles et garçons) avaient remporté l’Afrobasket en 2023. Une performance remarquable, certes, mais qui s’inscrit dans la continuité d’un travail amorcé depuis plus d’une décennie, bien avant l’arrivée du ministre actuel.

À la déception sportive s’ajoute le manque criant de visibilité des actions dites “citoyennes”, qui devraient pourtant être le cœur battant de ce ministère. Chargé également de l’instruction civique et de la construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba n’a su marquer aucune rupture significative. En dehors de quelques actions ponctuelles à Bamako, le reste du pays reste largement ignoré, alors que les besoins y sont pourtant plus pressants.

Dans des régions ravagées par la crise sécuritaire, où la jeunesse est en quête de repères et de sens, on peine à identifier la moindre initiative structurée de ce ministère. Ni les campagnes de sensibilisation, ni les programmes d’engagement citoyen, ni même les activités sportives de masse censées renforcer la cohésion nationale ne semblent atteindre ces zones périphériques. « Ce département est stratégique. Il doit être un outil de pacification sociale, d’éveil civique et de construction nationale. Mais depuis deux ans, il est en jachère », regrette une personnalité de la société civile active dans les régions du centre.

Un ministre de la Jeunesse et des Sports, dans un pays jeune, instable et avide de changement comme le Mali, devrait être un bâtisseur de terrain, un mobilisateur de talents, un architecte du civisme et de l’unité nationale. Il devrait : Proposer une politique sportive nationale cohérente, articulée autour de la formation, de l’accompagnement des fédérations, et de la valorisation des talents locaux. Veiller à la restructuration du football, en crise à tous les niveaux, avec des audits, des réformes de gestion et une exigence de résultats. Déployer des programmes civiques ambitieux, touchant toutes les régions, en collaboration avec les collectivités, les écoles, les associations et les leaders communautaires. Défendre une vision claire de la jeunesse malienne, comme acteur du développement et non comme variable d’ajustement.

Or, rien de tout cela ne semble animé par une véritable volonté politique. Est-ce par incompétence, par méconnaissance des enjeux ou par désintérêt ? Difficile à dire. Mais le résultat est le même : un ministère effacé, sans direction, sans ambition, sans impact.

Une attente trahie?

Il faut rappeler qu’à son arrivée, le ministre Fomba avait suscité l’espoir. Jeune, engagé, formé, il avait le profil pour comprendre les attentes des nouvelles générations. Aujourd’hui, l’attente semble virer à la trahison. Le football est moribond, les fédérations sont livrées à elles-mêmes, les jeunes sont abandonnés à la débrouille, et la citoyenneté reste un concept creux pour des millions de Maliens. Alors que le pays vit une période de transition politique et de quête de refondation, il est regrettable que ce département, essentiel pour la stabilité et la reconstruction du tissu social, soit parmi les plus faibles du gouvernement.

Le sport ne se limite pas aux médailles. Il est facteur de paix, de fierté, de cohésion. Et la jeunesse n’est pas qu’un slogan : elle est l’avenir du Mali. Le ministre Fomba, s’il ne se ressaisit pas rapidement, risque de passer à côté d’un rendez-vous historique. Nous y reviendrons !

223infos.net avec La Sirène Tel: 76289004  bahdoucoure@gmail.com

Abdourahmane Doucouré