EDITO : 6 ans après, Malikoura attend Malidenkoura

EDITO : 6 ans après, Malikoura attend Malidenkoura

21 août 2026 0 By 223 Infos

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6 années se sont écoulées depuis la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, dans une atmosphère de colère, de désillusion, mais aussi d’immense espoir. 6 ans après, une question demeure : avons-nous réellement changé le Mali que nous voulions changer ?  À l’époque, les Maliens étaient nombreux à dénoncer les maux qui rongeaient la République : mauvaise gouvernance, favoritisme, clientélisme, corruption, impunité, injustice et promotion de la médiocrité. Nous ne prendrons pas la peine de les citer ici. Ils sont connus de tous, du moins de tous les esprits éclairés.

6 ans plus tard, le constat est contrasté. Tout n’est pas recul. Sur certains dossiers, des avancées sont perceptibles. Sur d’autres, le statu quo demeure. Et sur certains fronts, il faut avoir le courage de le reconnaître, nous avons reculé.

Le Mali continue donc d’attendre. Il attend la concrétisation de certaines promesses, une gouvernance plus vertueuse, une justice plus équitable, une administration efficace et une véritable égalité des chances. Mais il doit surtout comprendre une vérité que nous esquivons trop souvent : certains de nos problèmes sont aussi des problèmes de comportement. Nous pouvons changer les dirigeants et les institutions. Mais si le citoyen continue de considérer le bien public comme une propriété personnelle, si le mérite cède devant les réseaux et si l’intérêt général reste soumis aux intérêts particuliers, nous ne ferons que déplacer le problème. Un Malien nouveau, c’est celui qui refuse la corruption, privilégie la compétence, respecte le bien public et accepte que le mérite soit la première voie de promotion. C’est celui qui comprend que servir l’État n’est ni un privilège ni une rente, mais une responsabilité.

Il faut donc sortir du favoritisme, du clientélisme et de la dangereuse promotion de la médiocrité, qui décourage les compétences et fragilise la République. 6 ans après IBK, il ne s’agit ni de réhabiliter le passé ni de condamner systématiquement le présent. Il s’agit de regarder notre pays avec lucidité, sans complaisance.

Les Maliens doivent encore patienter, certes. Mais patienter ne signifie pas renoncer. Le changement véritable exige des institutions fortes, des dirigeants responsables et des citoyens prêts à changer leurs propres pratiques. Car le Mali nouveau ne se construira pas seulement dans les palais et les bureaux. Il naîtra aussi de nos comportements quotidiens. Changer le Mali sans changer le Malien : voilà le plus grand des leurres.

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