Édito : Après le défilé, l’espérance

Édito : Après le défilé, l’espérance

28 septembre 2025 0 By 223 Infos

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Le 22 septembre dernier, Bamako a vibré. Le ciel s’est rempli des grondements d’hélicoptères et les rues ont été traversées par un défilé impressionnant, à la hauteur des attentes d’un peuple en quête de repères, de fierté, de souveraineté retrouvée. Nous saluons ici le travail colossal des autorités, des Forces de Défense et de Sécurité, et de tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette journée historique. Le peuple malien a vu. Le peuple malien a compris : les armes sont là. Elles sont bien réelles, elles ont été acquises, et elles montrent la volonté d’un État de se relever, de protéger, de dissuader. Ce 22 septembre, la puissance s’est affichée. Et pour beaucoup, cette démonstration a été un soulagement, presque un baume sur des années d’humiliations, de pertes, de souffrances.

Mais après la parade, après les applaudissements et les salves d’honneur, vient l’heure du bilan, celle du concret. Car au-delà des armes qu’on exhibe, ce sont les vies qu’on sauve qui comptent.

Il ne suffit pas de séduire par l’image. Il faut rassurer par les actes. Il est temps, plus que jamais, de changer de fusil d’épaule. Car pendant qu’on défile à Bamako, des villages entiers, à quelques dizaines ou centaines de kilomètres, se vident dans la peur. Les habitants fuient. Des citernes pleines d’essence sont brûlées. Des familles se réveillent sans toit, sans champs, sans lendemain. Rien n’est plus douloureux pour un peuple que de voir son village déserté, que de regarder son histoire s’effondrer sous le poids de l’insécurité.

Les autorités doivent mettre les bouchées doubles. Que ces armes, au lieu de seulement défiler, protègent plus. Que leur rugissement ne soit pas une fin en soi, mais le prélude à une paix tangible. Et avec un engagement sincère, une écoute plus attentive des populations rurales, une meilleure coordination entre armée et renseignement local, il est possible de faire reculer l’insécurité, même dans les zones les plus sensibles.

L’avenir du Mali ne se jouera pas seulement dans les grandes capitales. Il se jouera dans chaque village qu’on aura sauvé. Dans chaque école qui rouvrira ses portes. Dans chaque champ que l’on pourra cultiver sans peur.

Les armes ont été montrées. Maintenant, qu’elles servent à construire la paix

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