COÛT DU KILO DE VIANDE : Une inquiétude majeure pour les ménages
6 juillet 2026Entre baisse du pouvoir d’achat et hausse continue des prix, la viande rouge devient un produit de luxe pour de nombreux foyers maliens. Les ménagères, premières responsables de l’alimentation familiale, tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à agir.
Le constat est le même dans la plupart des marchés de Bamako et de plusieurs villes du pays : acheter de la viande est devenu un véritable casse-tête. Alors que le Mali est réputé pour l’importance de son cheptel, le prix du kilogramme de viande ne cesse de grimper, au grand désarroi des consommateurs.
Aujourd’hui, le kilogramme de viande avec os est vendu entre 3 750 et 4 000 FCFA, tandis que la viande sans os atteint 5 000 à 5 500 FCFA selon les marchés. Même les abats, les tripes et les pattes de bœuf ou de mouton, autrefois considérés comme des produits accessibles aux ménages modestes, connaissent une hausse spectaculaire.
Au marché de Médina-Coura, Aïssata Traoré, mère de cinq enfants, ne cache pas son inquiétude. « Avant, avec 5 000 FCFA, je pouvais acheter suffisamment de viande pour préparer deux repas. Aujourd’hui, cette somme ne suffit même plus pour un seul repas convenable. Nous sommes obligés de réduire les quantités ou de remplacer la viande par d’autres aliments. » À quelques mètres, Mariam Koné, rencontrée devant un étal de boucherie, partage le même constat. « Chaque semaine, les prix augmentent. Les enfants réclament de la viande, mais nous n’avons plus les moyens d’en acheter régulièrement. Ce sont les familles nombreuses qui souffrent le plus. »
Les bouchers expliquent cette flambée par plusieurs facteurs : la baisse de l’approvisionnement sur certains marchés à bétail, les difficultés de transport liées à l’insécurité sur certains axes, le coût du convoyage des animaux et l’augmentation des exportations vers les pays voisins.
Mais pour les consommateurs, ces explications ne suffisent plus. « Nous comprenons qu’il existe des difficultés, mais il faut aussi penser aux familles. Tout augmente : le riz, l’huile, les condiments et maintenant la viande. Comment une ménagère peut-elle équilibrer son budget ? », s’interroge Fanta Diarra, rencontrée au marché de Lafiabougou.
Dans plusieurs foyers, les habitudes alimentaires ont changé. La viande, autrefois présente plusieurs fois par semaine, est désormais réservée aux grandes occasions ou aux week-ends. Certains ménages privilégient le poisson ou réduisent simplement les portions afin de préserver leur budget.
Cette situation intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages est déjà fortement éprouvé par la hausse généralisée du coût de la vie.
Face à cette réalité, de nombreux consommateurs estiment qu’il est temps que les pouvoirs publics renforcent les mécanismes de régulation du marché. Ils appellent le ministère de l’Industrie et du Commerce à intensifier les contrôles, à lutter contre les pratiques spéculatives et à engager un dialogue avec les acteurs de la filière afin de rendre la viande plus accessible.
Pour ces ménages, il ne s’agit plus seulement d’une question de consommation. C’est un enjeu de pouvoir d’achat, d’équilibre nutritionnel et de dignité. Dans un pays reconnu pour son important cheptel, beaucoup peinent à comprendre pourquoi la viande devient progressivement un aliment que seules certaines familles peuvent encore s’offrir.
223infos.net avec La Sirène


