DOUANES : le DG survivra-t-il aux luttes de clans ?

DOUANES : le DG survivra-t-il aux luttes de clans ?

20 avril 2026 0 By 223 Infos

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La récente nomination du nouveau Directeur général des douanes suscite à la fois espoir et interrogations au sein de l’opinion publique et des observateurs avertis de l’administration malienne. Dans un contexte national marqué par des défis économiques et budgétaires majeurs, cette désignation est perçue comme un tournant décisif pour une institution clé dans la mobilisation des ressources de l’État.

Cependant, une question persiste et alimente les débats : le nouveau Directeur général pourra-t-il s’inscrire dans la durée ou sera-t-il fragilisé par des logiques de clans et de règlements de comptes internes ? Cette inquiétude n’est pas anodine. Elle repose notamment sur le parcours du nouveau patron des douanes, que certains estiment avoir été, par le passé, marginalisé dans le système. Dès lors, le risque d’un esprit revanchard n’est pas à exclure.

Or, céder à une telle tentation pourrait avoir des conséquences lourdes. Plusieurs observateurs redoutent en effet que des décisions de mise à l’écart de certains cadres ne soient motivées davantage par des considérations personnelles que par l’intérêt du service. Une gestion guidée par l’ego, le clientélisme ou la camaraderie affaiblirait inévitablement la cohésion interne et compromettrait les performances attendues.

Dans le même temps, des rumeurs persistantes annoncent une vague imminente de changements au sein de l’administration douanière. Ces réaménagements, attendus dans un délai relativement court, tardent toutefois à se concrétiser pour des raisons encore inconnues. Selon une source proche du dossier, certains cadres auraient déjà anticipé ces mouvements en rejoignant Bamako, dans l’espoir de se positionner favorablement pour de nouvelles responsabilités.

Face à cette situation, les attentes sont immenses. Le nouveau Directeur général est particulièrement attendu sur le terrain des recettes douanières, dans un contexte où l’État a plus que jamais besoin de renforcer ses capacités de mobilisation des ressources internes. La performance, la transparence et l’efficacité devront être au cœur de son action.

Pour relever ce défi, plusieurs qualités s’imposent comme indispensables à tout Directeur général des douanes digne de ce nom. Il s’agit su leadership rassembleur : savoir fédérer les équipes au-delà des clivages internes ; l’Intégrité et sens de l’éthique pour garantir une gestion équitable et transparente ; la compétence technique afin de maîtriser les enjeux douaniers et fiscaux, la vision stratégique qui permet de moderniser l’administration et optimiser les recettes ; et le courage managérial qui consiste à prendre des décisions fondées sur le mérite et l’efficacité, même lorsqu’elles sont difficiles.

La réussite du nouveau DG dépendra donc largement de sa capacité à dépasser les considérations personnelles pour privilégier l’intérêt général. S’il parvient à rompre avec toute logique revancharde et à fonder ses nominations sur la compétence et le professionnalisme, il pourra non seulement asseoir son autorité, mais aussi inscrire son action dans la durée.

Une évidence, le nouveau Directeur général des douanes joue gros. Entre attentes élevées et surveillance accrue, il est désormais face à une responsabilité historique : restaurer la confiance, améliorer les performances et démontrer que le changement peut rimer avec rigueur et équité. Oui, il peut relever le défi à condition de faire les bons choix dès maintenant.

Dans notre prochaine édition, nous parlerons des différents clans qui existent au sein des douanes qui risquent d’être une entrave à la bonne réussite des missions assignées au DG.

Abdourahmane Doucouré