EDITO : Je répète…

EDITO : Je répète…

27 août 2026 0 By 223 Infos

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Il est des leçons que l’on apprend dans les livres, d’autres dans les amphithéâtres, et certaines, plus exigeantes encore, dans le grand théâtre de la vie internationale. La diplomatie, notamment, appartient à cette dernière catégorie. Elle ne s’improvise pas, ne se décrète pas et, surtout, ne s’acquiert pas en une seule journée, fût-elle longue, et agrémentée de quelques poignées de mains.

Je répète : la diplomatie ne s’apprend pas en une journée.

Il y a quelques jours, on entendait résonner, dans une grande enceinte internationale, des accents martiaux, des formules tranchantes et des mots qui semblaient davantage destinés à galvaniser une troupe avant l’assaut qu’à convaincre des partenaires autour d’une table. Le ton était ferme, le verbe conquérant, la posture assurée. À écouter certains discours, on aurait presque pu croire que la diplomatie se pratiquait à coups de déclarations tonitruantes et de formules de défi.

Mais qu’on se rassure : il n’y a aucune contradiction. C’est simplement une nouvelle leçon de géopolitique appliquée. On peut être guerrier le matin dans les tribunes internationales et devenir diplomate l’après-midi dans les salons présidentiels. Il suffit, paraît-il, de changer de costume et de moduler quelque peu le ton de la voix.

Elle exige de la constance, de la maîtrise de soi, de la finesse, de la patience et surtout une certaine capacité à mesurer les conséquences de chaque mot. En diplomatie, le courage ne consiste pas nécessairement à parler plus fort que les autres, Il consiste parfois à savoir quand parler, quoi dire, et surtout quoi ne pas dire. Les grandes puissances l’ont compris depuis longtemps : les déclarations publiques peuvent flatter l’orgueil national, mais ce sont souvent les conversations discrètes qui permettent de résoudre les crises.

Voilà pourquoi il est quelque peu cocasse de voir des discours de guerrier céder brusquement la place aux embrassades diplomatiques. Hier, on semblait prêt à livrer bataille avec les mots ; aujourd’hui, on semble découvrir que même les plus solides des ponts se construisent avec le dialogue. Je répète donc, pour ceux qui auraient peut-être manqué la première leçon : la diplomatie ne s’apprend pas en une journée. Elle est un art subtil où l’on peut défendre fermement ses intérêts sans transformer chaque désaccord en déclaration de guerre. Et si une visite officielle permet de découvrir cette vérité élémentaire, tant mieux. Après tout, il n’est jamais trop tard pour apprendre. Je répète : quelques discours de guerrier ne font pas un diplomate. Et quelques poignées de mains ne suffisent pas davantage à faire une diplomatie.

A.D