PÉNURIE D’ESSENCE : l’OMAP au banc des accusés

PÉNURIE D’ESSENCE : l’OMAP au banc des accusés

9 octobre 2025 0 By 223 Infos

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Alors que le pays a connu une grave pénurie d’essence ce lundi, l’Office national des produits pétroliers (ONAP) est pointé du doigt pour son incapacité à anticiper et à gérer la situation. Cette rupture brutale d’approvisionnement, qui a paralysé plusieurs secteurs d’activités pendant des heures, soulève de sérieuses questions sur la gestion du stock national d’intervention, censé prévenir ce genre de crise.

Des files interminables devant les stations-service, des transports publics quasi inexistants, des milliers de travailleurs bloqués chez eux : telle était la réalité de nombreux Maliens le 7 octobre. Un jour ordinaire devenu cauchemardesque à cause d’une pénurie d’essence qui n’a connu aucune réponse rapide et efficace de la part de l’ONAP, pourtant chargé de garantir l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.

Pourtant, le stock national d’intervention est une réserve stratégique constituée justement pour faire face à de telles situations imprévues. Il s’agit d’un stock tampon destiné à alimenter temporairement le marché en cas de rupture de la chaîne normale d’approvisionnement, en attendant que la situation se stabilise. Ce dispositif est censé couvrir plusieurs jours, voire plusieurs semaines, selon les normes internationales.

Mais au Mali, une seule journée de tension a suffi à mettre ce mécanisme à nu.

« Où est passé ce stock national d’intervention ? », s’interroge un conducteur de taxi, visiblement excédé. « Ils nous parlent de réserves, mais dès qu’il y a une crise, on voit bien qu’il n’y a rien. Hier, j’ai fait la queue pendant huit heures pour même pas cinq litres. »

Derrière la colère populaire, une question de fond : l’utilité réelle de nos stocks stratégiques. À quoi servent-ils s’ils ne peuvent pas répondre à une situation de pénurie de quelques heures ? Faut-il revoir les critères de constitution, de gestion et d’activation de ces stocks ? Et surtout, les responsables de l’ONAP ont-ils été à la hauteur ?

« Ce qui s’est passé est inacceptable », déclare un employé du secteur privé. « J’ai dû rentrer à pied faute de carburant dans les transports. J’ai perdu une journée de travail, et mon entreprise aussi. C’est toute l’économie qui en prend un coup. »

Du côté des autorités, c’est le silence ou des explications techniques confuses. Mais pour de nombreux observateurs, l’essentiel est ailleurs : le rôle de l’ONAP ne peut pas se limiter à réguler en temps normal ; il doit surtout être réactif en situation de crise. Cela suppose une vigilance permanente, une capacité d’anticipation et surtout, une transparence sur l’état des stocks.

« On ne peut pas continuer à gérer des ressources stratégiques avec autant de légèreté », estime un économiste contacté. « L’ONAP doit rendre des comptes. Combien de jours d’autonomie avons-nous en réalité ? Qui gère les stocks ? Pourquoi n’a-t-on pas activé les réserves immédiatement ? Ce sont des questions fondamentales. »

Au-delà du carburant, cette crise pose la question plus large de la fiabilité de nos mécanismes de gestion des stocks stratégiques, qu’il s’agisse de carburant, de céréales ou de médicaments. Dans un pays aussi exposé aux chocs logistiques et sécuritaires que le Mali, il est urgent de revoir l’organisation, la transparence et la responsabilité autour de ces dispositifs.

Le carburant n’est pas un luxe : il est vital pour l’économie, la mobilité, la sécurité et la vie quotidienne. Son absence, même temporaire, crée un désordre insupportable. Il est temps que l’ONAP en prenne pleinement conscience

223infos.net avec La Sirène

lasirenedumali@gmail.com