SEMOS-SA : la colère gronde à Sadiola

SEMOS-SA : la colère gronde à Sadiola

21 juillet 2026 0 By 223 Infos

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La tension monte à la Société d’exploitation des mines d’or de Sadiola (SEMOS-SA). À quelques jours de l’échéance fixée par le comité syndical de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), des centaines de travailleurs se sont réunis en meeting, hier à Sadiola, pour réaffirmer leurs revendications et dénoncer ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements persistants dans la gestion de l’entreprise.

Au cours de cette mobilisation, les responsables syndicaux ont expliqué que leurs doléances portent aussi bien sur les conditions de travail que sur la gouvernance de la société. Selon eux, les travailleurs estiment avoir largement contribué, par leurs efforts quotidiens, à la valorisation des actifs d’Allied Gold, dont la cession à Zijin Gold constitue une étape majeure dans l’évolution de l’entreprise. À ce titre, ils réclament le versement exceptionnel de cinq mois de salaire brut, présenté comme une reconnaissance de leur contribution au développement de la société.

Les représentants des travailleurs dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une forte ingérence du « corporate » dans la gestion des opérations de la mine de Sadiola. Ils affirment que plusieurs décisions stratégiques, notamment dans les départements du Mining, de l’ingénierie, du laboratoire et de la métallurgie, seraient prises en dehors de la direction locale, ce qui, selon eux, affecterait l’efficacité des opérations.

Le comité syndical critique par ailleurs la présence d’expatriés à des postes qui, d’après lui, pourraient être occupés par des cadres nationaux conformément aux dispositions relatives au contenu local. Les syndicalistes demandent ainsi la localisation de tous les postes ne nécessitant pas d’expertise spécifique, ainsi qu’une réduction des écarts de rémunération entre le personnel expatrié et les travailleurs maliens.

Parmi les autres revendications figurent la mise en place d’un vol charter hebdomadaire supplémentaire au profit du personnel local et l’arrêt du projet « Chrysos », que le syndicat juge peu pertinent au regard des performances et des coûts actuels des opérations de la mine.

Face à leurs militants, les responsables syndicaux ont affirmé que ces revendications traduisent une volonté d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure prise en compte des intérêts des employés dans la gestion de la société.

À l’issue du meeting, le comité syndical de l’UNTM a annoncé le maintien de son préavis de grève. Si aucune solution n’est trouvée avec la direction, les travailleurs prévoient d’observer une grève de réclamation et de protestation de cinq jours, du 28 juillet 2026 à 0 heure au 3 août 2026 à 0 h 01.

À ce stade, la direction de la SEMOS-SA n’avait pas encore rendu publique sa position sur ces revendications. Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour l’avenir du dialogue social au sein de l’une des principales sociétés minières du Mali.

223infos.net avec La Sirène